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C’est le principe, l’échappatoire autorisé : au Parlement haïtien, quand on est à bout d’arguments pour convaincre et faire pencher la balance de son côté, on se combine pour claquer la porte. Pour l'énième fois, cette stratégie de marronnage a porté fruit et c’est le projet de loi organique de l’UCREF qui en fait les frais.
Cette loi qui, selon économistes et juristes, se révèle d’une importance capitale pour l’avenir économique et financier du pays, ne cesse d’être foulée aux pieds à la Chambre basse, quelques mois après son vote au Sénat. Pour doter l’UCREF de cette loi organique, le bureau de la Chambre des députés a déjà tenté à cinq reprises d’avoir l’appréciation des honorables députés, qui, semble-t-il, sont eux-mêmes trop pris pour s’occuper de leurs vraies prérogatives constitutionnelles.
À la Chambre basse, l’Etat haïtien paie, subventionne et octroie des frais à 117 députés, reconnus pour être en fonction, mais comme dans les fameux emplois fictifs, certains députés ne tiennent qu’aux avantages du poste et font fi de leur rôle dans la société. Pour cause, le nombre de députés prenant part à une séance ces dernières semaines tourne autour d’une soixantaine. À chaque tentative, une stratégie s’impose comme porte de sortie. Si hier mardi, le quorum a été infirmé dans une totale discrétion, ce mercredi c’était tout le contraire.
En effet, selon le projet soumis par l’exécutif, « l’UCREF est placée sous l’administration et le contrôle d’un conseil d’administration de cinq membres ». Ces membres devraient être désignés chacun par un ministre du gouvernement. Certains députés comme Jean-Robert Bossé estiment irraisonnable de donner à l’exécutif une telle mainmise sur une institution aussi importante et proposent de confier ces tâches à des institutions comme l’Office protection du citoyen, La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, la Banque de la République d’Haïti, L’Université d’État d’Haïti et l’Association des professionnels des banques.
C’est le vote de cette proposition qui a mis le feu aux poudres ce mercredi et conduit des députés à abandonner la salle de séance, déjà fragilisée par la politique de la chaise vide.
Le dernier rendez-vous est pris pour ce jeudi avec les députés qui, s’ils ne votent pas cette loi, porteront la responsabilité d’avoir joué le malin jusqu’à plonger le pays au fond du phénomène dénommé De-risking.
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