L’histoire est une précieuse source d’information pour les générations, ce qui nous incite à circuler depuis quelques mois sur le tronçon Port-au-Prince – La Havane.
Après quarante ans, c’est tout simplement le choix d’un espace pour exposer l’ambitieux objectif de la génération d’or de notre football : atteindre la phase finale du Mondial de 1978 en Argentine, quatre ans après la participation des partenaires d’Henri Francillon au sommet de 1974 en Allemagne.
C’est une mémorable épopée écrite sur le terrain par des footballeurs qui ont emprunté les couloirs des compétitions de jeunes pour atteindre l’étage supérieur. Ils ont ainsi prouvé que le hasard et l’improvisation ne sont pas des recettes d'une équipe à la recherche de performances. Pendant la décennie 70-80, le Club Haïti a cueilli beaucoup de lauriers pour le sport national sur la scène internationale.
La victoire des bicolores dans le Prémondial 73 au stade Sylvio Cator avait ouvert la porte de la Coupe du monde de 1974 à notre pays. Une qualification qui commença à germer depuis la Coupe de François Duvalier en 1966.
Solidement installé dans la zone CONCACAF, le football haïtien imposait pendant longtemps le respect dans la Caraïbe, en Amérique du Nord et en Amérique centrale.
Pour cela, la présence des complices de Manno Sanon à La Havane en novembre 1976 était une formalité, tellement qu'ils affichaient leur supériorité dans les phases précédentes sur la voie des éliminatoires du sommet mondial de 1978.
De ce fait, la confiance s’installait chez nous dans tous les milieux avant la double confrontation Cuba-Haïti.
Il est vrai que la baisse de régime du onze national a généré des sueurs froides dans les rangs des fanatiques haïtiens lors des semaines précédant le match aller au Estadio Nacional de La Havane. Mais en dépit du niveau de jeu des Masso, Nunes, Reinoso, Delgado et autres au sein de l’équipe cubaine, notre sélection misait sur le talent des frères Vorbe, de Tom Pouce, de Domingue, de Jean-Joseph et compagnie pour traverser le carrefour cubain à destination du Mexique, siège du Prémondial 77.
Sur place à La Havane, la délégation haïtienne, installée à l’hôtel Nacional, a reçu des compatriotes résidant à Cuba ou qui ont vu le jour dans ce pays. Endossant le manteau d’appartenance, certains d’entre eux ont précisé : « Nos parents nous ont générés à Cuba, mais nous sommes avant tout des Haïtiens ».
A la veille du match aller, accompagnés de notre guide, nous avions navigué sur le lac Guama infesté de crocodiles. Nous avions eu peur lorsque des crocodiles attrapairent des morceaux de viande balancés dans l’eau par des marins. Le lac Guama doit son nom à un Indien qui avait lutté contre les Espagnols dans cette région.
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