Après avoir passé tout le week-end dernier à analyser le budget rectificatif 2016-2017, la commission Économie, Finances et Budget de la Chambre basse s’apprête à soumettre sous peu son rapport de travail à l’appréciation de l’assemblée des députés.
Le président de cette commission, Yvon Geste, souligne que « de petits changements sont apportés au texte soumis par l’exécutif ». Des petites désaffectations et réaffectations qui ne sont pas de taille à déranger l’ordre des choses puisque la part très controversée du budget allouée à certaines institutions comme la présidence et la Primature reste intacte malgré les critiques émises partant sur la voracité budgétaire de ces institutions, sans oublier la rubrique quasi-incontrôlable dénommée : « Autres interventions publiques ».
De ces petites désaffectations, Yvon Geste n’envisage de citer qu’une allocation de 30 à 35 millions de gourdes que la commission souhaite voir accorder à l’Université d’État d’Haïti, suite à une demande produite par cette dernière dans le souci de faire face à certains de ses problèmes récurrents.
Selon Yvon Geste, l’analyse du document prouve qu’il n’y a pas lieu « d’opérer de grands changements au sein de ce projet de budget ».
Au niveau du Sénat, le constat de la commission Économie et Finances, chargée d’analyser le projet de budget rectificatif, est bien le contraire de celui des députés.
Au terme d’une série de rencontres avec des ministres du gouvernement ce mardi 13 juin 2017, le président de la commission Économie et Finances Nènèl Cassy décèle maintes irrégularités pouvant susciter des « inquiétudes » sur le projet de loi de finances rectifiée. Dans ce projet de budget, le ministère des Affaires étrangères obtient une augmentation de 919 millions de gourdes et la majeure partie de son budget total, soit 2 milliards 904 millions de gourdes affectées à la rubrique autres interventions publiques. « Cela inquiète et nécessite des explications », soutient Nènèl Cassy.
Le budget alloué au ministère de l’Éducation nationale nécessite aussi des explications, selon le sénateur des Nippes. L’inquiétude ici vient de l’ajustement jugé trop faible par la commission, d’environ 100 millions de gourdes alors que des promesses sont faites pour payer environ 2 800 professeurs nommés mais qui n'ont pas perçu de salaires jusqu’à présent.
C’est en effet ces inquiétudes qui ont poussé la commission à consulter les ministres concernés dans le but de mieux s’informer de la faisabilité des promesses du gouvernement et des attentes de la population sur ce document.
À propos de la relation existant entre ce qui est écrit dans le document et la réalité sur le terrain, le ministre des Affaires sociales et du Travail Roosvelt Bellevue se veut clair : « Le budget alloué au ministère des Affaires sociales ne peut guère aider à avoir les fonds appropriés pour traiter les problèmes auxquels ce secteur est confronté », admet le ministre qui, reconnait toutefois que le gouvernement traverse aujourd’hui une passe difficile.
Malgré ses inquiétudes, le président de la commission Économie et Finances du Sénat projette de voter le budget rectificatif sans heurt, question d’octroyer le « bénéfice de l’urgence » sollicité par le gouvernement. Cependant, cette volonté n’écarte pas pour autant la position du sénateur de l’Ouest Antonio Cheramy qui croit mordicus qu’il faut désaffecter des fonds à des institutions telles la présidence et la Primature pour les réaffecter au ministère des Affaires sociales appelé à accompagner les ouvriers, à la base de la dernière crise de la sous-traitance qui est aujourd’hui dans un état latent.
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