Depuis le 22 mai, il y a désormais plus d'un mois, les employés l’Office assurance véhicules contre tiers (OAVCT) ont déclenché un arrêt de travail et ont même gagné les rues pour exiger le départ de son directeur général. Cette crise larvée ne semble pas émouvoir les plus hautes autorités du pays. Si c’était le cas une solution serait déjà trouvée. Le président de la République, Jovenel Moïse, avait annoncé la semaine dernière qu’il allait bientôt rendre sa décision. Jusqu'à ce soir, aucune décision n’a été prise par son administration,
Les employés campent sur leurs positions. Ils le disent haut et fort. Ils réclament le renvoi du directeur général, Elie Blaise, qu’ils accusent de gabegie, de clientélisme et de corruption. Ils vont jusqu’à citer certains noms d’honorables parlementaires qui investissent les bureaux de cette institution, une fois passées les heures de bureau. L’ancien député de Carrefour devenu DG, plus que jamais, agrippé à son poste ne veut pas lâcher du lest.
Pendant que la direction générale et les employés de cette institution de service public s'amusent à se crêper le chignon, la République toute entière en pâtit. Depuis cette levée de bouclier des employés, Les clients de l'OAVCT font quotidiennement le va-et-vient devant les locaux de cette entité pour se procurer leur assurance. Malheureusement, ces derniers, qui sont doublement pénalisés à la fois par la crise elle-même et par les valeureux agents de la circulation, devront attendre que la hache de guerre soit enterrée entre les deux parties.
Qui pis est, les agents ne se déplacent plus en cas d’accident puisque face à l'empoignade fatricide qui fait rage au sein de cette institution tout le monde se déclare en vacance. Les policiers ne chôment pas pour autant dans leur envie de filer des contraventions pour péremption de la police d’assurance. L'Etat dans l’Etat.
Le droit de grève est garanti par les lois de la République, mais le consommateur du service fourni par l’institution d’assurance mérite aussi d’être traité avec égard, en bonne et due forme. Le président de la République a-t-il oublié de rendre sa décision pour juguler cette crise dans un pays déjà en proie à tout type de problèmes structures ? ou l’exécutif serait-il en position de faiblesse par rapport à une tierce partie ou une autre force obscure ? Combien de temps devrait encore attendre la République pour avoir enfin ce service pour lequel elle est prête à payer ce que la loi l'oblige?
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