La rencontre de vendredi entre les 15 membres de la délégation du Conseil de sécurité des Nations unies et les autorités parlementaires s’est déroulée loin des caméras de la presse. Faute de grives on mange des merles, ce sont des parlementaires eux-mêmes qui se sont convertis en rapporteurs, pour mettre au parfum les journalistes, friands de l’essentiel de ces pourparlers qui ont duré 3 heures environ dans la salle des commissions de la Chambre basse.
L’essentiel, aux dires du président du Sénat Youri Latortue, « c’est que la délégation du Conseil de sécurité de l’ONU a voulu rencontrer les autorités du législatif sur la situation actuelle du pays, de la nouvelle mission onusienne dans le pays et des défis à venir ».
Sur ces axes, Youri Latortue confie que les parlementaires ont fait valoir leurs points de vue sur certaines réalités dues à la présence de la Minustah sur le sol haïtien, tels : le choléra, avec ses 10 000 morts recensés, les abus sexuels des civils et militaires onusiens qui s’apprêtent à laisser un nombre incalculable d’enfants monoparentaux dans le pays et finalement la question de la création de la nouvelle force armée du pays.
En se prononçant sur ces points cruciaux, les parlementaires expliquent qu'ils ont voulu mettre au-devant de la scène les intérêts du pays qui se traduisent ici par le dédommagement des victimes du choléra, la responsabilité de l’ONU vis-à-vis des enfants laissés par ses agents et l’aide de l’organisation mondiale pour reconstituer l’armée d’Haïti reconnue par la Constitution du pays.
Ces élans de patriotisme, rapportés par Youri Latortue, n’ont malheureusement pas reçu de réponses à proprement parler de la part des membres de la délégation « qui étaient au Parlement juste pour écouter les parlementaires », comme ils entendent le faire prochainement pour d’autres secteurs de la société « afin de mieux adapter la MINUJUSTH aux attentes des Haïtiens », comme l’a souligné la première secrétaire du bureau du Sénat Dieudonné Numa Etienne.
Par cette méthode du silence de la délégation, les parlementaires ne peuvent espérer de réponse que dans le rapport que la délégation aura à produire dans les jours à venir. Cependant, certains engagements sont pris, comme sur la fameuse nécessité de recueillir des fonds visant à dédommager les victimes du choléra.
Quant à la demande d’accompagnement par les autorités haïtiennes dans leur velléité de remobiliser une force armée en Haïti, la délégation rappelle que l’ONU s’intéresse davantage à accompagner la police nationale, reconnaissant toutefois le droit des Haïtiens de décider de la création de leur nouvelle force armée prévue dans la Constitution du pays.
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