La Banque mondiale nous rappelle aujourd’hui que nous n’investissons pas assez dans la santé. En plus, le peu que nous investissons n’a pas d’impact parce que nous n’avons pas fait les bons choix. Comme dans presque tous les domaines, le rapport de la Banque mondiale nous dit entre les lignes que nous avons choisi de mettre la charrue avant les bœufs. Nous érigeons des hôpitaux « modernes » dans les grandes villes alors que dans les sections communales, dans les zones reculées, des gens meurent faute de soins primaires. Quand les centres de santé existent, ils sont dépourvus d’équipements, de médicaments et parfois de personnels. Le tableau pourrait être plus sombre s’il n’y avait pas la coopération internationale.
Nous savons déjà que nous n’investissons pas assez dans les soins de santé, le rapport de la Banque mondiale n’est pas un rappel de trop. Peut-être que cet énième rappel nous incitera à faire mieux les années à venir ou encore à mieux investir nos faibles ressources.
S’il est vrai que nous n’investissons pas assez dans la santé, n’est-il pas aussi vrai pour l’éducation ? Le rapport de la Banque mondiale pourrait être facilement transposé au secteur de l’éducation. Le mauvais fonctionnement de nos écoles publiques, la carence d’enseignants qualifiés dans nos salles de classe, la privatisation du système éducatif, les crises récurrentes empêchant le bon fonctionnement des écoles publiques, le mauvais état des infrastructures scolaires sont la preuve que nous n’investissons pas assez dans l’éducation. Parallèlement, comme dans la santé, nos investissements dans le secteur éducatif n’ont toujours pas les résultats escomptés.
Ces dernières années, nous avons construit beaucoup d’infrastructures scolaires pour peu de résultats. Beaucoup d’enseignants ont été embauchés pour que les élèves aient moins de jours de classe. Pour preuve, des écoles nationales n’ont pas pu boucler l’année scolaire. On trouve un arrangement pour permettre aux élèves de passer en classe supérieure. Aujourd’hui, nous discutons de la nécessité d’alléger ou non les examens officiels. À cela, il faut ajouter les enseignants et d’autres fonctionnaires du système qui touchent régulièrement leurs appointements pour un service non fourni.
Comme l’éducation et la santé, l’agriculture, les infrastructures, l’énergie électrique, l’assainissement, la sécurité, la justice ne sont pas non plus nos priorités. Nous n’avons pas besoin d’un rapport comme celui de la Banque mondiale sur la santé pour montrer que nous n’investissons pas assez dans aucun de ces secteurs. Et quand nous investissons, les résultats ne suivent pas.
Haïti figure parmi les pays les plus pauvres du monde. Il est impossible d’allouer à chaque secteur une somme astronomique. Peut-être que tout notre budget annuel serait insuffisant pour développer un de ces secteurs cités. Notre manque de ressources nous oblige à définir nos priorités et surtout à investir là où il faut chaque gourde de notre faible budget.
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