L’article 133 de notre code civil, un des premiers articles traitant du mariage dans ce recueil de lois régissant la vie en société en Haïti, est clair et précis sur les qualités et les conditions requises pour pouvoir contracter mariage. L’article 133 prévoit : « L’homme avant dix-huit ans révolus, la femme avant quinze ans révolus ne peuvent contracter mariage. Néanmoins il est loisible au Président d’Haïti d’accorder des dispenses d’âge pour des motifs graves. ». Selon la loi en vigueur en Haïti, hors de l’homme et de la femme, on ne peut pas parler de mariage. Voilà que les honorables sénateurs de la 50eme législature tiennent à interdire le mariage entre personnes de même sexe qui n’est pas permis en Haïti. Pour cela ils veulent voter une loi. Dans les autres pays, là où le mariage de personnes de même sexe n’était pas permis par la législation, on a présenté des lois pour changer le cours normal des mariages. Ici, on veut faire l’inverse : interdire ce qui était déjà interdit, interdire ce qui n’est pas permis. La 50e législature, de projet de loi en projet de loi, est en train de battre tous les records. Nos sénateurs, particulièrement, travaillent comme des bêtes de somme. Ils abattent un boulot monstre. On doute que leur agenda législatif concoure à l’avancement de la société et à la stabilisation de nos institutions, mais ils légifèrent à tour de bras. Vite et pas toujours bien. Il y a tellement de lois à voter qu’on peut même se demander qui s’amuse à fourvoyer si souvent nos sénateurs sur des chemins inutiles. En matière législative, la bonne foi ne suffit pas, la mauvaise foi non plus. Qui le dira aux sénateurs...