Wahoo Bay, 9h. Plusieurs ont déjà installé leurs effets. Soit ils veulent prendre les organisateurs au mot, car il était dit qu’on commencerait à 8 heures. Soit ils ne veulent pas perdre une miette de leur matinée. Dans les deux cas, la musique et la mer sont là pour les accueillir. Et de surcroît, il fait beau. On a le choix. Une baignade à la mer ou à la piscine, se prélasser sur une chaise longue, manger ou danser, et ce tout au long de cette journée qui a attiré beaucoup de festivaliers, de tout âge et de tous horizons. Une logistique à point Lors de la conférence de presse organisée avant l’événement, les organisateurs avaient annoncé espérer un total de quatre à cinq mille personnes. À l’évidence, ils avaient mis en place une logistique en conséquence. Une présence policière soutenue du début à la fin. Des agents de sécurité d’une compagnie privée étaient postés çà et là sur le site de l’hôtel où quelques endroits sont en rénovation. Des jeunes portant l’uniforme frappé de l’emblème de la Croix-Rouge aussi. Plusieurs parkings, au moins deux entrées. De plus, deux restaurants étaient sur place pour venir en appui à celui de Wahoo Bay qui aurait peut-être eu du mal à nourrir ces milliers gens, sans oublier les vendeurs ambulants qui facilitent nettement la situation. Au final, une bonne équipe qui permet au festival de se dérouler sans anicroche. Le line-up : le temps perdu ne se rattrape pas Pour cette première édition, Sumfest faisait défiler sur une même scène des groupes compas aussi bien que des artistes à tendance rap et RnB. On avait rendez-vous avec Enposib, Harmonik, Kreyòl la, T-Vice, Maestro, K-Zino, Djakout #1, Kai & Mikaben, Ayiti, J-Perry, Roody Roodboy, sans oublier les DJ Valmix, Franco The Saint, K9, Ted Bounce, Magic Kenny, Roby et Bullet. Il faut compter aussi Jaxx, jeune formation musicale qui ouvre la danse. Mais aussi G-Shytt qui depuis son single « Balèn Bouji », adaptation créole de « Bad and Boujee » de Migos, trouve toujours un moyen de s’immiscer subrepticement dans le line up des grands événements pour un ou deux morceaux. Entre les intermèdes assurés par les DJ et le long retard pris par BC pour monter sur scène, difficile de rester dans le temps. Harry Luc, MC improvisé pour cette journée – il a lui-même annoncé être en train de faire le travail en lieu et place de Carel Pèdre et Kako, absents de Sumfest- essaye tant bien que mal de garder le contrôle. Mais quand on voit Kreyòl La terminer sa prestation vers 8h45, on sait que c’est peine perdue. Jamais, ils ne pourront terminer à 9 heures comme ils l'avaient prévu. Déjà, qu’à un moment on a l’impression que certains doivent courir avec leurs performances pour laisser le podium au suivant… Encore une fois, l’indiscipline des uns, l’incapacité des autres à imposer à un groupe de respecter le chronomètre fait foirer le timing comme cela arrive souvent dans les activités en Haïti. Le public est libéré un peu avant onze heures. De bonnes prestations dans l’ensemble Dans l’ensemble, les prestations sont bonnes. À suivre la programmation du début à la fin, le festivalier lambda doit se dire qu’il n’a pas perdu son temps. À moins qu’il n’ait eu du regret ou de la déception par rapport à un répertoire choisi par son groupe favori. Sumfest se déroule comme toute bonne journée de mer, avec la musique de plusieurs groupes en prime. Il y en avait pour tous les goûts à ce festival où les DJ diffusent en boucle les hits de cet été dont. Loyita de DJ Bullet bien sûr et aussi cet autre morceau à la mode où tous les déboires du chanteur Black Boy finissent à l’arrière train de celui qu’il indexe. Suivez mon regard !!! Jaxx et Ayitii sont les premiers à performer en fin de matinée. Difficile de faire mouche quand le soleil est à son zénith et que la mer d’un bleu si dense fait les yeux doux. Le public n’est pas encore autant en amour avec ces néophytes pour faire pareil déplacement ! Pour sa part, Kzino s’évertue à créér l’animation et reussit à faire sortir de leur confort quelques fans malgré le soleil de plomb. Roody Rooddboy délivre en main de maître quelques bonnes minutes d’animation. Mais cela l’aurait-il tué, s’il avait composé un répertoire sans propos grivois et indécents ? Après tout, il n’était pas encore trois heures et il y avait encore des enfants, l'avais-tu seulement remarqué cher champion ? On s’attendrait à ce que Maestro fasse plus de vague dans la foule. Badi Kamal et Maestro ont pourtant tout tenté. Dommage. Par contre, la magie des cinq généraux de Bas peu de chose a encore opéré. Dans leur longue prestation, après leur encore plus long retard, les gars de BC ont fait le tour de leurs différentes meringues carnavalesques. La foule a suivi. En Mèt Beton, T-Vice a pu garder ses fans dans l’euphorie malgré la pluie. L’hélicoptère a encore fonctionné. Et sans le savoir la bande à Roberto a remporté la palme face à son rival qui s’est produit un peu plus tard. En reprenant les refrains des morceaux rabòday en vogue, Kreyòl La fait danser allègrement. Il assure. Mais à ce rythme-là T-Djo, à quand donc le prochain rabòday de Kreyòl La? De leur côté, Kaï, Harmonik et Enposib passent le test. Ces derniers temps a vraiment le vent en poupe. Enposib gagnent les cœurs de plus jeunes et Kaï s’impose et séduit. Alerte ! J-Perry, tu nous as déjà servi beaucoup mieux ! DJ Bullet est vraiment victime du succès de sa « Loyita » qui d’ailleurs le dépasse. Quand il monte sur le podium, il peine à changer la donne car ses trois morceaux ont déjà été servis et resservis la journée durant. Sur scène, Djakout #1, dégaine « La Familia » et « Mannigeta » pour assumer sa position. Mais c’est un pâle visage du « Djaz peyi » que l’on voit ce soir. Le festival s’achève avec Tony Mix qui, pour surprendre, se fait hisser au-devant de la scène avec une nacelle élévatrice, éjectant à l’aide d’une petite machine des billets à la foule. Créer le show semble être la principale préoccupation de ce DJ ces derniers temps. quitte à laisser sur leur soif ce qui raffole de ses mix. On a déjà hâte de voir son apparition au prochain rendez-vous !