Pour une fois, les débats sur un budget national dépassent le cadre du Parlement, des initiés et des médias. Les manifestations de rue - hormis les violences gratuites de la semaine écoulée – pour forcer l’administration Moïse/Lafontant à reconsidérer le budget sont un signe de l'intérêt pour la loi de finances. Les prises de position des différents secteurs de la vie nationale contre certaines rubriques du budget doivent au moins rappeler aux autorités que la gestion d’un pays est différente de celle d’une boutique, d’une clinique ou d’un projet agricole. Même si les mouvements de protestation des derniers jours n’ont pas (ou n’ont pas encore) apparemment ébranlé les chefs, elles doivent leur rappeler que le magister dixit ne tient pas dans un régime démocratique. C’est plutôt la concertation, le dialogue, en d’autres mots, la communication et la transparence qui sont de mise.

La publication du budget dans le journal officiel Le Moniteur n’a pas refroidi l’ardeur des manifestants. Certains veulent aller jusqu’à la révolution, d’autres visent tout simplement la révision du budget. On ne sait pas qui va avoir gain de cause, mais une chose est sûre : le regard citoyen sur le budget est une bonne chose. C’est l’implication des citoyens dans la gestion de leur pays. La plupart de ces derniers refusent de jouir de ce droit pour mille et une raisons. Ce serait de bonne guerre si les manifestations et les débats sur le budget étaient le début d’une conscience citoyenne.