Le président de la commission des Affaires sociales du Sénat, Antonio Chéramy, prend son mal en patience en attendant de pouvoir auditionner le directeur général de l’ONA, Chesnel Pierre. Le sénateur, en interview au journal jeudi 25 octobre 2017, dit entre autres vouloir contrevérifier des informations laissant croire qu’un prêt de 700 millions de gourdes a été accordé à un taux d’intérêt de 3 % à des gens du secteur des affaires. « Je veux avoir cette réunion de travail pour savoir sur quelle base ce prêt et bien d’autres ont été octroyés. Et aussi pourquoi, contrairement aux dispositions de la loi organique de l’ONA, les dépenses de fonctionnement ont dépassé les 10 % pour se situer autour de 50 % », a dit le sénateur Antonio Chéramy, qui estime nécessaire que cette institution soit bien gérée, au bénéfice des cotisants, des gagne-petit et des classes moyennes. Grâce aux prêts sur cotisation, les cotisants, des éléments des classes moyennes, pourraient trouver des prêts pour mener des activités économiques, a-t-il indiqué. « Je suis prêt aussi à travailler sur des amendements de la loi organique », a annoncé le sénateur Antonio Chéramy, estimant qu’il est important et urgent que la gestion de l’ONA soit transparente.

Le président du Forum économique du secteur privé, Bernard Craan, déplore lui aussi cette opacité. « Nous avons demandé depuis quelques années qu’il y ait des audits qui soient faits au niveau de l’ONA de façon indépendante. Non seulement un audit administratif et financier, mais aussi ce qu’on appelle un audit actuariel pour pouvoir vérifier la valeur réelle du fonds », a indiqué le patron du Forum économique du secteur privé. « Il y a des doutes sur la valeur du fonds. Personne ne peut nous le dire. On dit qu’il y a des audits qui ont été faits pour l’ONA mais nous n’en avons jamais vu les résultats. Aucun des membres du secteur privé que nous avons délégués au sein du CAOSS n'a eu accès à ces audits. Il y a un fort doute sur la valeur réelle du fonds », a confié Bernard Craan au journal, qui braque ses projecteurs sur les prêts « questionnables » octroyés par l’ONA.