Le rapport est prêt. Les recommandations aussi. Les commissaires, chargés de chercher à comprendre où est passé l'argent de PetroCaribe, plus de trois milliards de dollars américains en l'espace de huit ans – une fortune pour un pays si pauvre –, aussi. On n'en saura encore pas grand-chose, en tout cas pas avant le 14 novembre, retenue pour la tenue d'une «séance spéciale» autour de la question. Les journalistes, qui se sont agglutinés dans la salle polyvalente du Sénat, qui ont espéré déjà savoir les personnes, les institutions et les firmes épinglées dans le rapport, n'en sont pas moins peinés d'avoir été traînés en bourrique, après avoir fait, ce jeudi, durant des heures, le pied de grue au bord de mer.

Les commissaires, les trois sénateurs logés au rayon de l'opposition au pouvoir Tèt kale, ont mis en avant les vertus de «l'impartialité» et le professionnalisme de leur travail. Il «n'y a rien de politique», a avancé Évalière Beauplan, président de la commission de suivi et d'approfondissement de l'enquête de PetroCaribe. Que recommande le rapport en substance? «Ce serait de l'irrespect qu'on en parle maintenant alors même que les sénateurs n'en savent encore rien», a répondu le premier des commissaires. Comprendre: les commissaires sont venus avec une seule copie du document qui fait plus de 400 pages et c'est pourquoi le président du Sénat, Youri Latortue, ne l'a pas reçu.