1 heure p.m. Etzer Émile est déjà dans le lobby de l’hôtel Marriott, buvant tranquillement le verre de fruit punch qu’il a commandé avant qu’on ne lui apporte son hamburger et ses frites. Blazer noir jeté sur une chemise rose et un jean noir, s’il soigne son élégance, il n’est pas de ceux qui ont une ligne à garder. D’ailleurs, il a une carte de gym qu’il n’a pratiquement pas utilisée, apprend-on un peu plus tard. Sa ponctualité n’étonne pas. Économiste de son état, le temps est une ressource qu’il lui faut utiliser avec minutie. « Combien de temps cela va-t-il durer ? », demande-t-il tout de go, tandis que l’on essaie de trouver un coin tranquille pour commencer l’entrevue. Au moins, il ne se laisse pas emporter par l’impatience et répond avec enthousiasme aux questions. Heureusement.

Vu ses multiples obligations, il y a à l’évidence mille et une choses qui réclament son attention au cours de sa journée qui débute à 7 heures a.m. pour se terminer vers minuit. Entre son émission à radio Vision 2000, ses cours, ses consultations et ses diverses conférences, un peu partout à travers le pays, ce n’est pas lui qui dira le contraire. « Depuis quelque temps, il ne se passe plus une semaine où je ne suis pas affiché pour une conférence quelque part à travers le pays », nous apprend-il à titre d’exemple. Mais cette vie trépidante, il l’aime bien. « Je sens comme une sorte de responsabilité envers la jeunesse, envers ceux qui aiment et sollicitent mes analyses », explique celui qui va publier son premier livre, « Haïti a choisi de devenir pauvre. Les vingt raisons qui le prouvent ».