« Ce film, je l’ai fait parce que je voulais mettre Haïti en conversation avec le monde. Je voulais que cette fois ce soit Haïti qui dicte le thème de la conversation. Que Haïti gère, mène ce dialogue. Car nous n’avons pas tout le temps l’opportunité de nous raconter nous-mêmes, de nous montrer nous-mêmes », confiait Guetty Felin dans une entrevue accordée en septembre dernier à Ticket. Après avoir visionné le film au Landmark Theater à Los Angeles, on peut dire que la réalisatrice a tenu parole.
Pendant 86 minutes, les images défilent pour donner vie à trois histoires qui se déroulent quelque part à Jacmel. Trois histoires différentes mais qui se rencontrent autour des thèmes de l’amour, de l’espoir, du retour à la vie après le séisme du 12 janvier 2010. « Il y a d’abord l’histoire d’Orphée, cet adolescent maladroit accablé par la mort de son père, qui semble n’être compris par personne, si ce n’est le pêcheur Jaurès, son seul ami. Un jour, après une étrange rencontre avec une créature des fonds marins, il développe des pouvoirs surhumains et doit faire face à de nouvelles responsabilités. Le vieux Jaurès, quant à lui, contemple ce monde qui change trop vite. Ces jours-ci, il est obnubilé par l’environnement qui se dégrade, les problèmes qui affectent la pêche et par la sécheresse qui affame les vaches. Mais c’est la santé de sa femme adorée, Odessa, alitée et neurasthénique, qui le préoccupe plus encore. Il est déterminé à tout faire pour qu’elle retrouve la joie de vivre, même s’il doit se mettre en danger pour cela. Reste la belle Ama, la muse, l’âme errante… Personnage principal d’un roman qu’un écrivain sans inspiration peine à finir. Après cinq ans à attendre la fin du chef-d’œuvre promis, elle a décidé qu’il était temps de le quitter, lui et son livre, pour découvrir qui elle était vraiment ».






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