La lune, affranchie de l’étreinte de gros nuages gris porteurs de pluie, lèche la mer sous le regard discret de quelques étoiles jalouses. La grande bleue, particulièrement agitée lors de la traversée entre les Cayes et Ile-à-Vache, s’est calmée. Mais pas au point de mettre une sourdine aux ressacs qui s’écrasent au pied du restaurant d’Abaka Bay Hotel and Resort, blotti contre une petite colline ayant retrouvé sa verdure, un an après le passage de l’ouragan Matthew et ses rafales dévastatrices. Entre la soupe, le homard…et le vin, la tablée - une psychanalyste à la retraite installée en France depuis cinquante ans, après que Duvalier a fait décapiter son grand frère pour sédition, une communicante croqueuse des beaux coins d’Haïti et un Canado-Haïtien, arbitre de football installé en Californie - profite de cet instant. Avec leurs conjoints, ils savourent le sublime discret des lieux, un mélange de simplicité, de tranquillité et de symbiose avec les éléments. L’hôte, Dina Sajous, entre « La pèsonn » de Boulo Valcourt et « Femme » d’Ansy Dérose, évoque son combat pour rouvrir. Matthew avait détruit l’hôtel à 70 %. Cela nous a pris, à Fernand et moi, 5 à 6 mois pour redémarrer, témoigne Dina Sajous, ravie que la nature a fait son travail de régénérescence. L’État a promis un encadrement qu’il n’a jamais donné, se désole Fernand Sajous.






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