La corruption jouit d’une grande popularité depuis que le président Jovenel Moïse l’a placée comme les cinq premiers problèmes auxquels le pays est confronté. Depuis, le successeur de Jocelerme Privert ne rate aucune occasion pour en parler. Avec le rapport version Beauplan sur la lapidation du fonds PetroCaribe, la corruption est devenue davantage populaire, voire une chanson sur les lèvres de tous les Haïtiens. Pour ne pas dérober à la règle, le chef de l’État, dans toutes ses rencontres pendant sa visite en France, accorde une large publicité à sa « lutte contre la corruption ».

C’est au cours de sa rencontre avec des membres de la communauté haïtienne de Paris que Jovenel Moïse a choisi de décliner son opinion sur le rapport sénatorial accablant non encore sanctionné par l’assemblée sur la gestion du fonds PetroCaribe. Sans surprendre personne, Jovenel Moïse a enterré le rapport qu’il assimile à une persécution politique. Le président Moïse a repris les mêmes propos lors d’une interview à RFI. Le président, qui se veut le champion de la lutte anti-corruption, a craché sur un rapport qui exige des poursuites judiciaires contre les mauvais gestionnaires de deniers publics. Quelle contradiction !