Trop longtemps considéré comme un pouvoir de seconde zone, la justice haïtienne sort la tête de l’eau suite aux graves accusations du président Jovenel Moïse contre le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ). Le chef de l’Etat dit avoir été contraint de nommer plus de 50 juges corrompus. Pourtant, en conférence de presse vendredi dernier, des membres du CSPJ ont expliqué avoir soumis au président Moïse une liste de 75 magistrats et le mandat de 50 d’entre eux a été renouvelé. Pour se défendre face aux accusations du chef de l’Etat, les membres du CSPJ adoptent un ton ferme. Lundi matin, ils ont décliné une invitation du président Jovenel Moïse qui a omis de préciser l’objectif de la rencontre.
Sans s’excuser comme le souhaitait le CSPJ pour ses graves accusations, Jovenel Moïse a préféré inviter les représentants des deux autres pouvoirs à une rencontre au Palais national. Les membres du CSPJ n’ont pas accepté de jouer le jeu. Ils posent des conditions pour la rencontre. Pour une fois, le CSPJ exige qu’on les traite comme le représentant d’un pouvoir constitué de l’État au même titre que le législatif et l’exécutif. Trop longtemps perçu comme une entité aux ordres du ministère de la Justice ou encore de l’exécutif, le pouvoir judiciaire trouve une occasion en or dans les déclarations du président de la République pour changer la donne. Ne dit-on pas à quelque chose malheur est bon ?





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