Les décorations de Noël du Champ de Mars, la grande place publique au centre de la capitale haïtienne ont été défaites ce mercredi, deux jours avant le 12 janvier, huitième anniversaire du séisme de 2010 qui a causé la mort de plus de deux cent mille Haïtiens. Le sapin de Noël érigé dans la grande cour du palais national, résidence officielle du président haïtien, a, lui aussi, été démonté. Vendredi, le président Jovenel Moïse compte poser la première pierre de la reconstruction de ce bâtiment emblématique détruit par le tremblement de terre de 2010 comme la majorité des sièges des ministères et le centre-ville de Port-au-Prince. Pour marquer le 12 janvier, il y aura une cérémonie officielle du souvenir au mémorial de St-Christophe, au nord de Port-au-Prince, non loin des lieux où la majorité des victimes ont été enterrées. Les rescapés vont, sans doute, cette année encore, se tourner vers les églises pour trouver recueillement et réconfort. Comme en 2010, la douleur sera individuelle, le souvenir personnel. Il n’y a pas de grands rassemblements de prévus.

Les traces du séisme sont encore visibles. Il en sera ainsi des années. Huit ans après le tremblement de terre, la grande région métropolitaine et les villes de Léogâne et de Jacmel, zones les plus touchées par le sinistre, se relèvent lentement. Avec le lancement de la reconstruction du palais national, le président Jovenel Moïse rompt avec la politique de Michel Martelly qui voulait que le dernier sinistré logé sous une tente trouve un meilleur abri avant de reconstruire le siège de la présidence. Huit ans après le 12 janvier, il y a encore prés de 60 000 personnes dans des abris provisoires, mais en général, la vie a repris son cours dans la grande majorité des rues les plus affectées en 2010. La reconstruction n’est ni générale ni planifiée, mais elle se poursuit sans les aides annoncées, portée par les moyens des uns et des autres.