Le rouge qui accueille les visiteurs donne le ton. Patchwork d'anciens bouts de tapis, il rassemble des nuances. Visiblement fatigué par l'usage, le mosaïque de tapis donne un air de pompes funèbres de seconde zone à la cérémonie dès l'entrée sur les trois stands pauvrement aménagés qui accommodent ministres, parlementaires, directeurs généraux, diplomates et autres invités. Le décor fait un peu bricolage de dernière minute. Un dernier coup de marteau au pied d’un des stands tranche avec le silence de l’attente et confirme bien des choses, ce rapport particulier au temps, cette velléité presque pathologique à négocier avec l’exigence de bien faire.
Le ciel, maitre de ses états, a enfilé son costume gris cendre et le vent, un peu frais, glisse sur le drapeau national mis en berne dans la cour, orpheline du palais national où l’on honore la mémoire des victimes du tremblement du 12 janvier 2010 pour ne pas oublier, avec l’espoir affiché de reconstruire autrement, de construire notre résilience face aux aléas sismiques et leur funeste aiguillon.






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