Depuis la semaine dernière, la ville de Jude Édouard s’est mise au pas. À l’instar des autres mairies de la capitale, dont Croix-des-Bouquets, Delmas, Pétion-Ville, celle de Carrefour a voulu coûte que coûte organiser son traditionnel ''carnaval'', en dépit des difficultés pécuniaires. Entre des stands alignés çà et là - qu’on pouvait compter sur les doigts de la main- des défilés mornes ne suscitant aucun intérêt, des DJ incertains entamant le parcours très tardivement, on sent effectivement que le premier citoyen de la commune dépassé, hésitant, a fait preuve de persévérance et de détermination. Lesquelles qualités ne se sont hélas pas révélées payantes pour l’édile de Carrefour, qui a gratifiée son peuple de festivités qui n'ont de carnavalesque que le nom. Sans attraction ni spectacle.

Samedi 3 février 2018. Il fait 21 heures passées de 20 minutes. Des heures se sont écoulées depuis le ‘’fameux’’ défilé qu’on peinait à regarder par manque d’éclairage. Sur le parcours, un public métissé composé majoritairement d’adolescents, d’adultes et étonnamment d’enfants fait le va-et-vient typique de ces fêtes, pour tuer l’ennui. Prévue pour 18 heures, la prestation des différents DJ retenus pour l’animation musicale tarde encore. Entre un selfie par-ci, un autre par-là, cette odeur de cigarettes et d’alcool planant dans l’air, ces tours de reins exécutés sous le tohu-bohu des stands, rien ne va gâcher ces temps de réjouissance gratuite. Donc, autant en profiter !