2002-2018 : 16 ans depuis qu’Haïti est « membre à part entière » de la Communauté des Caraïbes (Caricom). 16 ans depuis que le pays fait du sur-place et tâtonne. 16 ans de marronnage. 16 ans de doute. 16 ans depuis que les autorités qui se sont succédé ont failli à leur mission. Volontairement ou involontairement. Haïti a certes le statut de « pays membre à part entière », on est en réalité observateur. Il y a des processus non aboutis pour intégrer l’organisme régional créé en juillet 1973 par le traité Chaguaramas. Il y a des étapes à franchir pour espérer mieux. On le sait tous. On les connaît toutes. Nos autorités fuient souvent leurs responsabilités pour une raison ou pour une autre.

Pour la deuxième fois en cinq ans, Haïti assure la présidence tournante de cet organisme régional. Au moment où Port-au-Prince accueille lundi et mardi la réunion semestrielle de la Caricom, la question revient sur la table : que faisons-nous au sein de la Caricom si ce n’est pour observer ? Au-delà du marketing politique que nous vendons autour de l’événement, nos représentants vont-ils saisir cette occasion pour enfin débattre des vraies questions liées au processus d’intégration d’Haïti ? Allons-nous mettre enfin notre devoir au propre afin de jouir des « avantages » offerts par la Communauté ? Nous devrons profiter de ces assises pour cesser d’être la risée de la région. Ou cesser de nous mentir. Mettre fin au refrain de cette chanson : « on va faire ceci, on va faire cela, on est en train de travailler sur ça… »