En effet, « Douvan jou ka leve », ou « Le jour se lèvera » en français, est le premier long-métrage documentaire réalisé par l’actrice, auteure et désormais chanteuse. Au début, l’idée était de faire un portrait de Manzè, mais cela a très vite tourné sur un scénario, une histoire beaucoup plus personnelle. La réalisatrice est partie prenante de ce film qui expose aussi l’histoire de sa mère qui souffre de paranoïa. « C’est aussi un acte d’amour envers ma mère », a-t-elle même confié, dans la mesure où elle a voulu comprendre les problèmes mentaux de sa mère, mais aussi d'une tante et d’un oncle.
Tout au long de ces 54 minutes, l’histoire nous plonge au coeur même de notre culture, du syncrétisme religieux, de notre rapport avec la religion, avec le catholicisme, le protestantisme, mais surtout avec le vaudou, culte de nos ancêtres venus d’Afrique. Elle nous jette à la face nos croyances, nos conflits, nos superstitions, notre conception des maladies mentales ici en Haïti. Aujourd’hui encore, nous considérons une personne handicapée mentale comme une personne frappée d’une malédiction, d’un sort qu’il faut conjurer ou expier. Et il faut de préférence en avoir honte, au lieu de lui accorder des soins et une attention adaptés à son cas. La séquence tournée au centre psychiatrique est évocatrice, poignante. On y voit le traitement inhumain, indigne qui est accordé à ces personnes.






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.