Je connais des gens qui, pour lire, doivent y être obligés. Lekòl ki pou fè yo louvri yon liv. Et là encore, avec des maux de tête et des râlements. Pourtant, je les ai vus à la 24e édition de Livres en folie au Mupanah, sachet rempli en main ou dans les lignes des maisons d’éditions. Nou pa mande m koze, se mwen k ap ban nou. La grande curiosité qu’est la mienne m’a poussée à leur poser cette question qui me brûlait tant les lèvres : sa w pral fè ak liv sa yo ? Bien entendu, je ne nie pas le fait qu’ils pourraient les offrir à une autre personne, qu’ils sont là pour le compte d’un proche, que ces livres seraient des cadeaux d’anniversaire. Mais ce sont les réponses qui m’ont laissée pantoise. Ou pa t konnen m te toujou renmen lekti ? Kòman sa mwen pral fè avèk yo a? Pou m li ! Pou m mete nan bibliyotèk mwen (au moins cette réponse était sincère, paske li pa p li yo vre !).
Et là, je me questionne. Albert Camus aurait-il raison quand il dit dans ‘‘L’exil et le royaume’’ que l’histoire montre que moins on lit, plus on achète de livres? Paske moun sa yo konfime l. Je ne conçois pas d’acheter un livre et de ne pas l’ouvrir, de voir si c’est un peu vieux, de le sentir un peu avant de commencer ma lecture. Frèzesè du Bondieu, n’oubliez surtout pas que je parle de moi. Ces gens-là, que je côtoie souvent, que je fréquente, comme par magie, ils ont changé d’habitude et sont devenus adeptes de la lecture ?






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