Odiane Monpremier, une vieille dame frêle, dans la soixantaine avancée, parcourt quotidiennement les rues de Hinche, chef-lieu du département du Centre, pour collecter les bouteilles et tout autre objet en plastique jetés dans la nature. « C’est grâce à cette activité que je prends soin de ma famille, dit Anzema, une veuve, qui cohabite avec ses enfants et ses petits-enfants. Ce que je gagne, c’est peu par rapport à mes besoins, mais c’est quand même quelque chose. »

Les sacs de déchets plastiques qu’Odiane collecte dans les rues, dans les égouts et dans les décharges anarchiques sont vendus à Blada recyclage, une entreprise sociale de recyclage, créée par Johnson Désauguste après avoir émigré aux Etats-Unis en 2013. Les déchets plastiques, une fois franchis la barrière de Blada Recyclage, changent de statut. Ils deviennent des marchandises. Elles sont soigneusement emballées dans de gros sacs en attendant d’être embarquées pour Port-au-Prince. Dieunette Pierre, l’une des trois employés de l’entreprise, parfois aidée par des bras disponibles, est chargée du tri des plastiques avant de les peser sur une balance. C’est après cette dernière étape, qu'on saura combien payer chaque livre de plastique. « Le prix dépend de la nature des objets plastiques, explique-t-elle avec un luxe de détails. La livre est payée entre 1 et 10 gourdes. »