Il est presque onze heures. Au jardin botanique de Fairchild, à Miami, des festivaliers arrivent par vagues successives à la tente d’Haïti, mis à l’honneur à la 26e édition du festival international de la mangue, samedi 14 juillet 2018. Pour les connaisseurs, comme Howard, un vieux retraité de la US Navy, le goût et l’onctuosité de la mangue Francisque sont connus. Il ne boude pas pour autant son plaisir au moment de découvrir avec l’appétit d’un bambin d’autres variétés exposées. Pas moins de 14, dont « Baptiste », « Doudous », « Anba Jipon Mona », « Blanc », compte Ena Pascale Derenoncourt, directeur général de Agro-Technique, une entreprise connexe de la société d’exportation de fruits et légumes ayant milité pour qu’Haïti ait cette reconnaissance, cette fenêtre d’opportunité plus large sur le marché américain où la consommation de mangue a explosé ces dernières années avec des importations passant de 262 millions de dollars US en 2005 à 555 millions en 2017.
Le front perlé de sueurs, un sourire accroché à ses lèvres, Ena Pascale Derenoncourt, chargée de la vente des mangues pour F et L, explique, conseille, éduque. Sans accent, elle passe de l’anglais à l’espagnol et au créole, couteau à la main, aux côtés d’autres, comme Marina Mathieu, chargé de communication et de la logistique, Pascale Derenoncourt et ses deux filles, toutes polyglottes. Pour quelques Haïtiens ayant le mal du pays, le festival est un saut dans l’enfance, un bain d’adolescence. « Men bagay, men bagay », lance un Haïtien à son ami en humant une mangue Baptiste alors que la ligne s’étire pour déguster un cocktail de mangue. La mangue et le rhum Barbancourt font bon ménage. « Je suis très satisfaite de la journée à cause de la fréquentation de l’exposition. Il est aussi extrêmement important de présenter à nos clients potentiels de nouvelles variétés de mangues », confie Ena Menager Derenoncourt, P-D.G. de F et L, estimant que nous devons être plus agressifs pour conquérir d’autres parts de marché. La possibilité d’intégrer le board national de mangue des Etats-Unis n’est pas écartée. Pour plus de visibilité. Pour plus d’accès aux réseaux, aux connaissances, aux expérimentations pour faire avancer la filière.






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