S’il a fallu plus de dix ans pour lancer un nouvel album après le cinquième, il en a fallu beaucoup moins entre le sixième et le tout dernier. Richard Morse explique que le groupe est de plus en plus actif. Rien qu’en 2018, ils sont partis pas moins de quatre fois à l’étranger. Parfois dans des contrées où il n y a pas beaucoup de ressortissants haïtiens comme les Emirats Arabes Unis. « Où qu’on aille, on s’étonne toujours de l’accueil des gens pour la musique folkorique », témoigne Richard qui explique plus loin que « August 1791 » est dans la continuité de son ambition de porter plus loin la culture haïtienne. « On l’intitule August 1791 et pas août 1791 parce qu’on pense qu’avec un titre en anglais on peut susciter la curiosité de ceux à qui cette date ne dit pas grand-chose. Je veux parler des étrangers », explique-t-il. Lunise d’ajouter que ce qui s’est fait en 1791 mérite d’être connu du monde entier. « Au fil de nos voyages aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, on se rend compte que ce qui s’est passé cette année-là est sans précédent. Bien d’autres communautés auraient souhaité avoir cela dans leur patrimoine », estime Richard.

August 1791 compte une douzaine de pistes. C’est en gros des reprises du répertoire traditionnel haïtien. Dans Badji Feray, on évoque une conversation entre Toussaint et Dessalines. Le titre Negrès Katye Moren a été popularisé par la mère du chanteur, Emerantes de Pradines, dans les années 50. Le texte Dominikani est un remake, avec la voix de Richard cette fois-ci, d’une méringue à succès du groupe datée de l’année 2006. « J’ai décidé de reprendre ce texte, explique-t-il, à la demande de quelques-uns de nos compatriotes que j’ai rencontrés sur la frontière à l’époque où la république voisine en déportait en masse ».