Le président de la Chambre des députés, Gary Bodeau, montre ses cartes, prévient le Premier ministre nommé des conséquences possibles de ses choix dans le montage du cabinet ministériel avant de présenter sa déclaration de politique générale à la Chambre basse. « Si quelqu'un dit au Premier ministre Jean Henry Céant de prendre les CV des ministres d’une série de secteurs qui ont des intérêts, le Premier ministre nommé a déjà échoué. Si quelqu’un dit à Jean Henry Céant de faire un gouvernement d’union nationale avec tous les partis politiques représentés au Parlement ainsi qu'avec des hommes et des femmes compétents, crédibles et honnêtes de la société civile, à ce moment, Jean Henry Céant deviendra Premier ministre. Aujourd’hui, au moment où l’on se parle, il y a deux cas possibles au Parlement. Soit il tombe, soit il passe », a indiqué Gary Bodeau, dans une conférence de presse au Parlement, le jeudi 9 août. Il qui a évoqué le poids politique infime du Premier ministre nommé à la Chambre des députés et la légalité des coalitions politiques dans une démocratie représentative.
« M. Jean Henry Céant a un parti qui compte trois députés. Il y a 25 partis au Parlement. Nous ne sommes pas membre de Renmen Ayiti. Moi, je suis de Bouclier, un parti politique qui a mené campagne avec le pouvoir, cela peut arriver que Bouclier veuille participer au gouvernement. Cela peut arriver que Fanmi Lavalas qui a 8 députés et des sénateurs, veuille participer au gouvernement. La coalition politique est légale », a insisté Gary Bodeau, qui a rabroué des « commerçants » intéressés au pouvoir qui intimident des parlementaires. « Il y a des menaces sur le Parlement. Ces menaces viennent de secteurs qui veulent envahir l’Etat, de gens qui ont besoin de contrats. Ce ne sont pas des élus du Parlement qui ont des contrats de 100 millions de dollars américains. Nous ne sommes pas ceux, au bord de mer, qui ont les contrats pour commander les produits pétroliers pour 300 à 400 millions de dollars américains. Donc, il est temps de dire à ces messieurs et dames que ça suffit », a poursuivi le président de la Chambre des députés, qui ne fait pas de mystère par rapport à ses envies. « Nous ne nous laisserons pas intimider. Il serait plus beau que ce soit Gary Bodeau qui place un ministre au gouvernement, plus beau que ce soit un député ou un sénateur qui le fasse. De quoi aurais-je peur ? », a-t-il demandé. « Je suis le président de la chambre des députés. Je ne suis pas sur la table de négociation. Je suis dans une position de neutralité. Si un homme du secteur privé veut contrôller la douane ou l’aéroport, moi je dis pourquoi un enfant du peuple ne peut pas avoir les mêmes revendications ?»,a poursuivi le président Gary Bodeau, qui souligne n’avoir jamais eu sa langue dans sa poche.






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