Usant de ses prérogatives constitutionnelles, le président Jovenel Moïse a convoqué le Corps législatif en session extraordinaire, afin d’approuver la politique générale du Premier ministre nommé Jean-Henry Céant. Il est d’usage pour les différents chefs de l’Etat qui se sont succédé de convoquer le Corps législatif à l’extraordinaire quand la Chambre basse est en vacances. Cette décision du président rentre dans le cadre du processus enclenché depuis le 6 août dernier avec la nomination de Jean-Henry Céant comme Premier ministre. L’examen des pièces des membres du gouvernement, par la commission spéciale formée en la circonstance au Sénat de la République, a fait traîner le processus devant ouvrir la porte de la Primature au notaire connu de la place. Les grognes enregistrées dans les blocs politiques à la Chambre des députés ont également contribué à alourdir le processus. La position de la plupart des blocs politiques au sein du Parlement est de nature à faire croire qu’aucun groupe majoritaire n’est encore acquis à la cause du notaire.

Le scandale qui a défrayé la chronique dimanche, au sujet de la tentative de démission du Premier ministre nommé, à la suite d’un désaccord avec un groupe de députés sur la reconduction du ministre démissionnaire Aviol Fleurant, en dit long sur la volonté des parlementaires d’obtenir toutes sortes de privilèges au sein d’un gouvernement. Ce nouveau différend, intervenu lors d’une rencontre entre le président de la République, le Premier ministre nommé et un groupe de parlementaires, révèle le niveau de déliquescence du régime mixte haïtien. Contrairement au souhait exprimé par le président du Sénat sur la non-implication des parlementaires dans le choix des membres du gouvernement, il en a été autrement, car l’appétit des uns et des autres pour imposer des membres au sein de la nouvelle équipe traduit le désir de ces élus de parvenir à leurs fins.