Il est près de 2 h p.m. quand la reine de beauté débarque à Ticket. La couronne posée sur sa tête scintille sur ses cheveux impeccablement coiffés. Arborant un jumpsuit à rayures surmonté de son écharpe de victoire, Stephie Morency fait tourner toutes les têtes sur son passage. La démarche alerte et le sourire éclatant, c’est une jeune femme à croquer qui investit nos locaux. Accompagnée de son infatigable mentor Anédie Azaël, la nouvelle élue est finalement prête pour sa première entrevue à titre de Miss World Haïti, suite à un retrait pour souffler et savourer sa victoire.
La demoiselle se dit bien armée pour reprendre la bataille et redoubler d’efforts, pour l’honneur de sa famille. En effet, la vie de l’ancienne étudiante du Christ The King Secretary School a été un long combat. C’est un battante, une miraculée qui porte aujourd’hui cette couronne. Conçue dans des conditions difficiles par un homme déjà marié et une fille de confession chrétienne, la mère biologique de Stéphie a dû affronter sa famille avec son refus catégorique d’avorter. Sous les yeux critiques de sa communauté religieuse, la jeune femme a mis au monde son aînée alors qu’elle était âgée de 22 ans et que le père avait trois enfants légitimes. Mais ce n’était que le début des aléas de la vie de la native de la Vierge qui a encore échappé au pire avec une côte cassée à l’âge de deux ans. « Ma mère, dans l’obligation de poursuivre ses études, me laissait tous les jours dans sa famille à Petit-Goâve pour aller suivre des cours à Léogâne. Ce n’est qu’arrivée à l’hôpital plusieurs jours après qu’elle a su ce qui m’était arrivé », se désole la rescapée des ouragans dévastateurs Jeanne, Hannah et Ike.






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