Pa gen kote pou w pike zepeng ! Pour comprendre le sens de cette expression créole, il fallait être sur place au deuxième anniversaire du groupe Enposib. Il est 10 h. El Rancho et ses zones environnantes sont impraticables. Entre la ligne de voitures interminable qui s'étire sur l’avenue Panaméricaine et celle qui descend de la rue Lambert, atteindre l’entrée de l’hôtel constitue un supplice que plus d’un s’est résolu à subir. À leur risque et péril, certains laissent leur voiture près de 400 m plus loin, à côté du Parc de Ste-Thérèse et décident de continuer à pied. Comme cette jeune fille qui se débarrasse de ses talons aiguilles et qui tâtonne pieds nus jusqu’à la rue Jose Marti. Tandis que d’autres, moins courageux, abandonnent tout bonnement avec une double peine : celle de rater la performance de leur groupe préféré, et celle de retrouver la vitre de leur voiture brisée, en l’espace d’un instant.

Dans le hall qui conduit à la cour de l’hôtel, les fans sont déjà entassés comme des sardines. Pour atteindre le devant de la scène et mieux profiter du spectacle, il nous a fallu au moins une quinzaine de minutes. On joue des coudes, on tombe sur quelqu’un à chaque centimètre, mais on arrive quand même à destination, tout en sueur évidemment. Alors on découvre la bande à Medjy tout de noir vêtu pour cette première partie de leur show, qui nous sert un Domino tout en “yayad”. “Si mwen fè dekabès m ap ba w de twa gouyad”, chante-t-il. Pas la peine de vous relater que Monsieur joint le geste à la parole et en met plein la vue à ces filles en extase devant la scène. Il laisse sa place à Paskä et ses danseuses pour une démonstration de "Bina boye". Dans son habituelle chemise hawaïenne et son jeans blanc, le jeune artiste délivre une performance appréciable en jouant sur le rythme entraînant de son single.