La maxime « la décision d’un seul homme/d’une seule femme peut changer du tout au tout la donne dans une communauté de destins » se vérifie dans l’histoire de la Maison Henri Deschamps. Et pour cause, sans une crise de colère suivie d’une prise de décision utile par le patriarche de cette célèbre maison d’édition en 1942, les écoliers haïtiens seraient encore peut-être obligés de débiter la leçon : « Nos ancêtres les Gaulois avaient les yeux bleus et une longue barbe. »

Quand Henri Deschamps rejoint la « Maison Robelin » en 1936 comme actionnaire à 50 % de cette entreprise fondée en 1898, il ignore que quelques années plus tard, il va changer la trajectoire de l’enseignement dans le premier État noir du monde. En 1939, à la mort d’Eugène Robelin, il rebaptise l’entreprise spécialisée en importation de matériels scolaires en son nom puisque la veuve de l’ancien patron lui revend les autres 50 % qui lui reviennent de droit.