Haïti est classé parmi les pays les plus pauvres au monde. Nous avons même l’étiquette du pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental. Notre mauvais classement dans tous les rapports relatifs aux conditions de vie des populations conforte ceux qui nous collent, à tort ou à raison, cette étiquette sur le dos. C’est dur de nous voir dans un tel état plus de 200 ans après notre indépendance. Pourtant, ce n’est pas le plus dur. Ce qui devrait nous indigner le plus, c’est l’incapacité à trouver des hommes et des femmes d’État à la hauteur des défis à relever.

La crise systémique à laquelle le pays fait face aujourd’hui est la conséquence de l’incapacité de nos dirigeants d’hier et d’aujourd’hui à assumer leurs responsabilités. Les informations relayées par la presse haïtienne ce lundi ne laissent guère croire que la situation va pour le mieux. Au premier congrès de la Fédération nationale des maires d’Haïti (FENAMH), le chef de l’État, Jovenel Moïse, a été chahuté par des maires – les premiers citoyens de nos communes – pour n’avoir pas respecté ses promesses de leur donner des véhicules, entre autres. Les hauts dirigeants de la République – le chef de l’État et les maires – ne pouvaient-ils pas trouver une autre formule pour traiter cette question ? Le président Jovenel était-il obligé de faire des promesses qu’il ne peut pas tenir ? Les mairies, étant autonomes, devraient-elles être à la merci de l’exécutif pour leur fonctionnement ?