Conçu en 2017, de l’initiative de deux prisonniers en situation de détention préventive prolongée, Katizana (dont l’appellation découle des mots cartes et artisanat) est un atelier de dessins où des dizaines de détenus du Pénitencier national exercent leurs talents. Intitulé « Talan Prizonye » au départ, le projet allait changer de nom lorsque le journaliste Michel Joseph réalisa un reportage sur eux au mois de mars 2018. Richard Trezil, administrateur du groupe qui promeut le travail des prisonniers, nous explique que l’idée d’un tel projet a émergé suite au constat suivant : « Les proches ou alors la famille de ceux qui ont été fait prisonniers ont de grandes difficultés à survivre. Et à un moment de la durée, l’aide qui leur était apportée avait cessé. Il a donc fallu penser à un moyen de pallier cette situation en montant cette petite affaire. »

Katizana poursuit deux objectifs : permettre aux prisonniers de survivre en prison face à l’état critique de notre système carcéral ; arriver à payer les honoraires des avocats afin que leur dossier puisse avancer et qu’ils puissent enfin passer devant la justice. Comment ce projet peut-il permettre aux détenus d’atteindre ces objectifs ? Richard Trezil informe que ls prisonniers bénéficient du concours d’une équipe intermédiaire qui les aide à promouvoir leur travail. Cette équipe est constituée de neuf personnes, proches et amis. Elle travaille comme interface de manière à vendre le talent de ces détenus sans remettre en cause les raisons pour lesquelles ils ont été incarcérés ainsi que leur identité.