Depuis la chute de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide en 2004, il n’y a jamais eu autant de tensions à Port-au-Prince. Jamais autant de peur. Jamais autant d’images d’horreur. Les photos ou les vidéos des cadavres empilés sur des immondices cette semaine à La Saline donnent la chair de poule. Cette scène s'est déroulée à quelques encablures du Parlement et de la Primature. Aucune information officielle n’a été communiquée à ce sujet. Au plus haut niveau de l’État, X dit attendre les rapports de Y avant de se prononcer sur ce que certains assimilent à un massacre. Les rumeurs font croire qu'une lutte entre bandes armées pour le contrôle de la zone serait à la base de ce carnage, si on peut l’appeler ainsi.

Avant même la communication officielle des autorités sur les événements de La Saline, la Chambre des députés a officiellement chômé vendredi. Les employés ont été invités à rester chez eux après qu’un projectile avait touché le véhicule d’un des députés au parking de l’institution jeudi après-midi. Si des officiels, escortés de gardes du corps, dont certains roulent en blindé, ont également peur et cherchent à se terrer, il est facile de comprendre la situation d’un simple particulier dans une capitale aussi tendue.