On savait déjà la cohabitation entre deux leaders politiques difficile dans un même espace. On imaginait avec inquiétude ce que pouvait donner la conduite des affaires du pays par un président et un premier ministre qui s’étaient affrontés lors de la dernière élection présidentielle pour le même poste. On n’avait jamais cru que l’affrontement allait si vite s’étaler sur la place publique et entraver la bonne marche des affaires de l’État. Jovenel Moïse et Jean-Henry Céant, président et premier ministre qui n’arrivent pas à se faire confiance, jouent une partie de dominos tragique dont l’enjeu est l’avenir du pays, le nôtre, de celui de nos enfants.

Après s'être séparé à contrecœur de son premier ministre Jack Guy Lafontant, le président Jovenel Moïse ne peut choisir son remplaçant comme il le souhaite et hérite de Céant. Tout commence mal dès les semaines qui suivent la nomination du premier ministre. Le président ne demande pas à ses troupes de le soutenir à fond. Céant n’a pas la confiance totale du président. Le soutien est mou. Il a fallu que le premier ministre désigné menace de démissionner quand on veut lui imposer un ministre pour que la mécanique de la ratification se mette en route. Le secteur privé pousse Jovenel Moïse dans ses derniers retranchements, Céant passe avec une très forte majorité, mais avec un cabinet ministériel où il ne pèse guère. Ceux qui croient alors que tout va bien vont vite découvrir que la crise ne fait que commencer.