En initiant il y a 24 ans « Les Vendredis littéraires », Lyonel Trouillot n’a pas réinventé la roue. Il a voulu donner un nom à une tradition qui existait déjà dans les salons de Port-au-Prince. « C’est au retour de plusieurs voyages dans des pays où des cercles littéraires existaient encore que j’ai pensé à officialiser un mouvement qui s’organisait discrètement localement », confie l’auteur de « Thérèse en mille morceaux ». Outre ce désir de donner un nom à une tradition qui existait déjà, l’écrivain voulait ouvrir le cadre des cercles littéraires à un public de non-initiés. « Les Vendredis littéraires constitue l’un des rares rendez-vous dans le pays où des gens ordinaires peuvent rencontrer des écrivains de haute volée tant d’ici et d’ailleurs », fait-il souligner.

Le rendez-vous littéraire comporte plusieurs formats. Le plus souvent on offre la tribune à des écrivains en herbe ou pas assez connus. Après une brève présentation par Lyonel ou un autre responsable de l’activité, on lui donne la possibilité de parler davantage de lui-même. Les questions surgissent durant les pauses. « Dans les échanges entre l’écrivain et le public, quelle que soit la portée des avis, des critiques qui jaillissent, on tâche de maintenir une ambiance de franche camaraderie dans la salle », explique-t-il.