Celle ou celui qui a dit un jour que parfois notre trésor réside dans ce qui nous effraie a raison. Des cas comme celui de Néhémy Pierre-Dahomey qui illustrent bien cette maxime sont pléthore autour de nous. Eh oui ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’écrivain durant ses premières années de secondaire n’affectionnait pas les cours de littérature au prestigieux Lycée Toussaint Louverture. « C’était d’un ennui total, dit-il. Les professeurs vous parlent des écrivains sans vraiment vous inciter à lire leurs ouvrages. » Pour esquiver ce supplice, ses condisciples et lui ont trouvé une martingale magique qui allait le propulser malgré lui vers la littérature, son dada depuis lors. « Pour ne pas être puni en séchant ces cours ennuyeux, il suffisait de se retrouver à la bibliothèque avec un livre cachant le visage, et le tour était joué », confie-t-il.

Le benjamin des quatre enfants de sa famille a donc pris goût à la lecture à partir de là ! Trois ouvrages vont contribuer à conforter cette passion : « La famille des Pitite Caille » de Justin Lhérisson, « Rue des pas perdus » de Lyonel Trouillot, et « L’étranger » d’Albert Camus. Le lycéen de l’époque, ayant fait le tour des ouvrages disponibles à la bibliothèque de son établissement, prend le large. Et s’aventure vers un plus grand espace. Il s’agit bien de la Bibliothèque Nationale. « C’est une passion de plus de 20 ans. Tout le monde me connaît ici, parfois je suis perçu comme étant un employé de la boîte tant que je suis un habitué », explique-t-il. Cette boulimie a commencé avec des pèlerinages au quotidien dans cet espace.