12 janvier 2010. À Fort National, quartier populaire du Bel-Air, un petit garçon de 10 ans est gardé à la maison par sa grand-mère et sa grande sœur. À 4 heures 53 minutes, un bruit tonitruant le pousse à se précipiter à l’extérieur. Mais sa mamie le couvre de ses bras pour l’en empêcher. Le protéger… au prix de sa vie. En 35 secondes, l’espace d’un cillement, la terre a tout avalé. Sous les petits yeux apeurés de l’enfant, la maison s’effondre. Sa sœur et sa mémé s’éteignent, le laissant seul sous les décombres, jusqu’au lendemain. Redondo El Principe Richard perd sa jambe gauche et ne sera plus jamais comme avant.

Son âme d’enfant triomphe de ses mauvais souvenirs. Entouré de ses proches, l’actuel élève de l’Institution mixte Frères franciscains est traité et choyé comme tous les adolescents de son âge. Le gladiateur qui sommeille en lui ne laissera jamais des béquilles restreindre ses capacités. Il continue à savourer le plaisir de jouer au football. Malgré tout. « En réalité, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Grâce à ma famille et à mes amis, je n’ai jamais eu le temps de penser à ma nouvelle condition, ni de m’attrister. Comme avant le séisme, mes amis passaient me prendre, et ensemble, on allait taper dans le ballon », se rappelle Redondo, jeans bleu, t-shirt bleu ciel et blanc, sans une once de tristesse dans la voix.