Depuis l’année dernière, le triptyque PetroCaribe, Petrochallengers et Kote Kòb PetroCaribe connaît un bond médiatique, alors que, concomitamment, les réseaux de corruption et l’appareil judiciaire en déclin accroissent leur emprise ou toxicité au sein de la société haïtienne. Ce qui a du coup donné raison aux « Pétrosceptiques ». Il s’en suivirent des débats passionnés, des manifestations prometteuses et de nouvelles espérances vite échaudées. Cependant, les besoins de justice et de transparence, d’ordre et de progrès sont sans fin en Haïti. Tandis que le président de la République et les porte-parole de sa famille politique « épinglée » proclament, avec stupéfaction, que le mouvement de reddition de comptes des Petrochallengers est un mouvement de règlement des compte, et cela n’est pas totalement rassurant, la grande majorité de nos compatriotes en colère, eux, sont de plus en plus nombreux à souhaiter qu’un procès des « Pétroconsolidards » soit organisé, et que le rapport d’audit de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) en fournisse les ressorts, en soit l’élément déclencheur, la ligne rouge pour briser les remparts de l’impunité et, par conséquent, de la corruption qui ronge notre pays à cause (en grande partie) d’un appareil judiciaire en dysfonctionnement, impuissant, perverti, incompétent, surtout en matière de crimes politiques et économiques.
Est-ce possible ? Que peut-on attendre véritablement de ce rapport si attendu ? Pas l’idéal pour arriver à un procès dans la République de Pétion où règne le seul grand parti dominant – donc unique – qui est dirigé par une association de (malfaiteurs) prévaricateurs de tout âge et de contrebandiers, de trafiquants en tous genres et de spécialistes en surfacturation, sans conviction politique ni idéal patriotique. On est dans une sorte de polymorphie permanente de la kleptomanie, de l’impunité, bref, du laisser-aller. La thèse du rapport sésame est contestée avec exactitude par Me Monferrier Dorval : « En droit public, le rapport est un acte non décisoire, c’est-à-dire préparatoire à la décision. » Tout cela est un peu vite dit. Il fallait que cela soit dit. Car ce n’était pas évident pour nous tous. Attention toutefois. À rebours des deux rapports houleusement contestés des sénateurs Latortue et Beauplan truffés d’approximations et de grossiers raccourcis – dessaisis si l’on peut dire –, la CSCCA est en droit de fournir la preuve du poids des irrégularités d’ordre procédural et des violations généralement quelconques des lois en vigueur dans l’attribution des marchés publics à travers la vérification des contrats passés et leur exécution effective en conformité ou pas avec les normes et pratiques de bonne gouvernance. En toute honnêteté, sans esprit partisan ? La profonde crise de défiance politique qui caractérise notre pays depuis des décennies est loin d’avoir été résolue en dépit de l’existence de l’UCREF et de l’ULCC. Au contraire. Il n’y a pas à sortir de là, et ce sans présumer, en amont et en aval de l’enquête, de la nature de la méthodologie empruntée et du temps absorbé pour effectuer la collecte des données et leur analyse. Sans oublier les difficultés de toutes sortes. C’est sans doute là le grand problème en termes de viabilité et d’objectivité stricte.





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