La question « Qu’est-ce que Haïti va gagner en rejetant Maduro ? » est dans la tête de tous ceux qui pensent que les relations internationales sont dénuées de sentiments et se résument à des intérêts nobles ou immédiats. En soutenant, puis en lâchant la révolution bolivarienne pour s’aligner sur la position américaine, l’administration Moïse-Céant a fait un remake du revirement opéré par le régime de François Duvalier vis-à-vis de Cuba au début des années 60.

Dans un excellent article de l’historien Wien Weibert Arthus, « Le prix de l’ostracisme de Cuba de l’OEA en 1962: les dessous de la conférence de Punta del Este », il retrace le parallèle entre ces deux moments de la diplomatie haïtienne. Comme pour Cuba, Haïti a commencé par soutenir le Venezuela de Nicolas Maduro, faire abstention puis le lâcher pour retrouver son allié de toujours, les USA. Avant de voir ce que Haïti va gagner cette fois, revisitons le passé.