« Sa k gen 9 mm yo, mete yo anlè / 380 yo, mete yo anlè / Glòk oubyen manch long yo, mete yo anlè / M16, M14, Galil, mete yo anlè / Dechaje, dechaje ! » Les dj n’ont qu’à jouer ce refrain de Fantom pour que certains fêtards lient immédiatement le geste à la parole. « Dechaje » est cette chanson du rappeur de Barikad Crew qui fait parler la poudre. Tout récemment, c’était en plein cœur du Champ de Mars, lors de la deuxième journée des dimanches précanarvalesques. Avant c’était à Côte-Plage 18. Le concert d’armes automatiques devient la norme. Il se joue toujours devant une grande foule, au vu et au su de tout le monde. Et nul ne s’inquiète des balles perdues ou des traumatismes de certaines personnes.

Tel un stimulus, « Dechaje » influe, incite à faire chanter les armes à feu. De fait, la réaction du public n’est autre qu’une réponse occasionnée par le message que porte le texte, comme peut l’expliquer la théorie béhavioriste en psychologie sociale. « Le béhaviorisme ou comportementalisme stipule que les comportements observables sont conditionnés par des facteurs extérieurs (environnement, stimulus ou stimuli externes) qui poussent les individus à avoir un comportement bien déterminé », explique une étudiante en psychologie à la Faculté des sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti.