Pierre-Raymond DUMAS
Que s’est-il passé au cours de la deuxième année du mandat de cinq ans du président Jovenel Moïse ? Que se passe-t-il ? A quoi ça sert d’organiser des élections si c’est pour « déchouquer » quelques deux années plus tard les « heureux » gagnants – en particulier le président de la République et les parlementaires ? La question n’est pas seulement discursive. Essayons d’y répondre sans langue de bois, en toute franchise. Dans tous les cas, on a un pays chauffé à blanc, en pleine banqueroute financière, livré à lui-même. Alors, qui incriminer pour ce désastre ? Après deux ans de cette présidence orageuse, la succession ne se fera pas facilement. Le premier choc entre le pouvoir et l’opposition a pris son ampleur à partir du budget 2017 – 2018, largement contesté à cause de ses choix inconsidérés – notamment en faveur du Parlement, dont les crédits ont augmenté démesurément et de la baisse de l’enveloppe du secteur de la santé. C’est dire qu’il convient de se méfier de ce système semi-parlementaire, surtout lorsqu’il nous plonge dans une confusion des pouvoirs. Le baril de poudre va exploser une fois de plus – et de façon spectaculaire - les 6, 7, 8 et 9 juillet 2018 suite à l’annonce de la hausse des prix des produits pétroliers en pleine Coupe mondiale de football. Ce qui entraîna par la suite l’interpellation par la Chambre des députés, puis la démission du Premier ministre Jack Guy Lafontant comme fusible et le retrait de la décision d’augmenter maladroitement les prix des carburants. Remplacé par l’ancien candidat à la présidence Jean-Henry Céant, en dehors d’une véritable ouverture ou d’un accord avec l’opposition, Jack Guy Lafontant allait être suivi par deux proches collaborateurs du président de la République : Wilson Laleau, directeur de cabinet, et Yves Germain Joseph, secrétaire général. Ensuite, le 17 octobre et le 18 novembre 2018, de grandes manifestations ont été organisées dans tout le pays pour demander des comptes sur la gestion calamiteuse du fonds PetroCaribe et la démission du chef de l’État, critiqué pour ses postures bagarreuses et cible depuis de cuisants camouflets. Et depuis le 7 février 2019, c’est la dégringolade politique comme celle de la gourde !





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