Vous évoluez en dehors du pays depuis fort longtemps. De la Fabienne Colas du Collège Marie-Anne à la Fabienne Colas de 2019, pouvez-vous nous retracer votre parcours ?

Hou là là ! Bien de choses se sont passées ! Ce serait un peu trop long… Disons que j’ai fait bien du chemin depuis. Moi qui rêvais d’une carrière d’actrice au Canada, je me suis plutôt butée à une société très ouverte à la diversité mais un système très fermé à l’inclusion de la diversité à l’écran. Donc j’ai dû recréer la Fondation Fabienne Colas qui vise à promouvoir et soutenir des artistes noirs sans voix et sans plateforme (comme ce fut mon cas en arrivant ici) et bâtir des ponts à travers les arts ; permettre au grand public canadien d’avoir accès à des artistes exceptionnels et à des légendes du cinéma, qui autrement, ne seraient pas venus à eux. Donc nos artistes trouvent une belle vitrine et le public part à la découverte d’une nouvelle culture et d’autres artistes. Un pont entre les artistes et le public et entre les cultures ! Et grâce à nos nombreux partenaires, nous avons pu mettre en place des programmes pour soutenir les artistes noirs du Canada dans la création de leurs premiers films courts-métrages (Le programme « Relève et Diversité », entre autres) et des bourses pour étudier en cinéma. Il faut qu’on crée la relève du cinéma canadien et qu’on la professionnalise si on veut plus de diversité devant et derrière la caméra. Aujourd’hui, je sens que notre travail est reconnu à travers tous ces prix que je reçois.