De la comédie musicale « Notre-Dame de Paris » mise en scène par le Français Bertrand Labarre d’où elle a raflé l’un des deux rôles féminins disponibles, des multiples soirées cabaret, en passant par Havana Guitar Night, ou encore des spectacles « Talon aiguille talon d’Achille », jusqu’à « Limyè » de Gaëlle Bien-Aimé, Charline Jean Gilles traîne un long parcours dans le milieu artistique haïtien. À chaque prestation, cette alto dont la voix gronde comme l’orage réaffirme ses talents de chanteuse-comédienne. Portrait d’une dame qui épate, transporte et transperce. Une mère partageant sa vie entre la scène et sa fille unique.
Il est 10 h 35 minutes. Dans un fast-food de la ville, on rencontre Charline Jean Gilles, robe longue décontractée, cheveux ceints par un mouchoir marron. Sur sa face, pas un soupçon de maquillage, sinon du rouge à lèvres pour donner un peu d’éclat à ce visage rond couronné par deux petits yeux. Elle nous transmet tout de suite sa bonhomie et son sourire que sa condition de mère célibataire n’a pas enlevé. « Ma fille unique s’appelle Kyarrah Paola. Elle est ma plus grande joie et la meilleure chose que j’ai faite de bien de toute ma vie », confie-t-elle. Il y a 9 ans, soit 6 jours après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, Charline accouchait de son enfant au milieu des décombres. Séparée de son ex-mari (ce dernier, voulant qu’elle avorte, s’est barré). « Il n’y avait que ma mère, mon beau-père et une sage-femme. C’était vraiment terrible », se rappelle-t-elle.






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