En raison des pourparlers entre le président de la République, le Premier ministre nommé et certains secteurs sur la formation du nouveau gouvernement, Jean-Michel Lapin prend le temps qu’il faut avant de publier l’arrêté nommant les membres du cabinet ministériel. Ce retard a occasionné le report, au Sénat de la République, de la présentation de la politique générale du Premier ministre nommé. Députés et sénateurs des groupes proches de l’équipe au pouvoir sont présents dans la plupart des discussions relatives à la composition du gouvernement Lapin. Il a toujours été une démarche privilégiée de la plupart des chefs d’Etat haïtiens et de leurs Premiers ministres de former un cabinet ministériel en période de crise politique avec des personnalités de tendances politiques diverses sans un accord politique avec les véritables forces politiques de l’opposition. Quelles seront les nouvelles têtes qui viendront compléter les anciens ordonnateurs au niveau de l’administration Moïse-Lapin si les deux chambres ouvrent les portes de la Primature au Premier ministre nommé ?
Il n’est un secret pour personne que le gouvernement américain renouvelle son appui aux autorités de Port-au-Prince suite au vote d’Haïti à l’Organisation des Etats américains en janvier dernier au détriment du gouvernement de Nicolas Maduro. Cependant, les actions imprévisibles de l’équipe au pouvoir et la persistance de la mauvaise gouvernance contribuent chaque jour de plus à ternir l’image du pays à l’échelle internationale. Dans la plupart des cas, c’est l’administration américaine qui tire la sonnette d’alarme en décourageant ses ressortissants à se rendre en Haïti. D’autres pays suivent les alertes du Département d’Etat pour imposer des restrictions à leurs ressortissants pour ne pas visiter le pays de Dessalines. L’arrivée en mars dernier, pour le compte des proches du pouvoir, d’un groupe d’hommes armés, arrêtés par une patrouille de la Police nationale d’Haïti et libérés sans explication par les plus hautes autorités constitue jusqu’à présent une pilule difficile à avaler. Quand les proches du pouvoir ne sont pas impliqués dans un scandale, c’est un ministre qui prend une décision illégale ou inopportune. La nomination de Me Patrick Rameau Métellus à la cour d’appel de Port-au-Prince, la semaine dernière, par le ministre de la Justice, en violation de la loi créant le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a créé un différend avec les associations de magistrats.






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