Plus de 30 jours après la nomination du gouvernement de Jean-Michel Lapin, aucun empressement n’est constaté dans le processus de ratification du Premier ministre. Tout semble aller pour le mieux actuellement. La république va bien. Du moins en apparence. Dans la réalité, l’insécurité, ce mal qui répand la terreur, est sur le point de miner le devenir de la nation haïtienne tant elle affecte l’économie. Les touristes se raréfient sur le territoire. L’administration des États-Unis d’Amérique, qui fait figure d’allié sûr aux yeux de l’équipe au pouvoir à Port-au-Prince, n’a pas changé de position dans sa décision de maintenir Haïti au niveau 4 en ce qui a trait à l’insécurité.

Pour la seule période allant de janvier à mars 2019, 101 personnes ont perdu la vie, dont 13 policiers, soit en moyenne 33 personnes par mois, a révélé le dernier rapport en date du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) intitulé « Situation chaotique des droits humains en Haïti et banditisme d’État ». Selon le RNDDH, les chefs de gangs exposent désormais ouvertement leur puissance de feu face à celle de l'institution policière affaiblie.