Quand on a grandi dans un lakou, quand son quotidien a été rythmé par les roulements de tambour, quand son père Samba Zao demeure un percussionniste de renom, ce n’est pas sans surprise que l’on s’est également laissé entraîner là-dedans. « Joumou pa donnen kalbas », dirait plus d’un pour témoigner de la passion d’Adjamile envers ce type de percussion. « Chez moi, j’assistais toujours au jam entre les percussionnistes. À l’époque, accompagnée des autres enfants, mon frère, mon cousin, entre autres, on s’improvisait un groupe et on tapait sur les tambours, lorsqu’il n’y avait pas de séances de répétition. Ainsi, me voyant très impliquée, mon père n’a pas hésité à me guider, à me montrer les ‘’kase’’ », se rappelle mademoiselle Marcelin, timide à l’instar d’une biche. Très peu loquace tout au long de l’interview, Adja affirme qu’elle préfère s’exprimer sur scène. C’est son « unique façon d’exister ».

Du lakou où elle s’amusait avec les bambins de son âge, l’autodidacte bénéficie quelques années plus tard de la confiance de son paternel. À 11 ans, elle l’accompagne sur la scène de l’Institut français en Haïti. «  Le spectacle s’appelait ‘’Kòd ak vwa’’. C’est à partir de là que j’allais intégrer le groupe de mon père et aller de prestation en prestation », poursuit Adjamile Marcelin, qui s’est toujours juré de devenir comme son grand frère, Woulele Marcelin. « Il est tellement excellent qu’il est devenu ma source de motivation. Je travaille beaucoup pour parvenir un jour à le rivaliser », explique l’ancienne élève du Collège Bird.