Manuel Mathieu, 32 ans, diplômé de Goldsmiths de Londres, s’inscrit d’emblée dans l’art contemporain. Les yeux habitués à l’art figuratif sont étonnés de découvrir un art conceptuel où la matière de la peinture, c’est encore la peinture. Les marques, les tâches, les masses colorées se donnent à voir. Cette germination de formes tourmentées qui puise sa source dans les illuminations intérieures du plasticien, dans les figures déformées et fragmentées qu’on cherche à identifier sur la toile, s’offre à la vue et pousse l’esprit curieux à se poser des questions. Lorsque ce peintre canado-haïtien qui revient justement d’une exposition en Asie a reçu carte blanche d’Élizabeth Pierre-Louis pour prendre part au Jeudi de l’art contemporain, le 25 juillet 2019, à la Maison Dufort, le même public des soirées culturelles a répondu à l’appel.
Sur les murs de la Maison Dufort, le public a parcouru un ensemble de tableaux: couleurs et formes librement associées parlent un langage qui déstabilise. Que veulent-elles dire ? Comment expliquer ces traits qui circonscrivent dans diverses gammes de couleurs ces choses posées en face de la pensée et qui l’interrogent ? Quelles sont les émotions sous-jacentes à cette représentation du réel sur le regardeur, puisque celui-ci n’arrive pas à évacuer complètement le réalisme qui se propose d’imiter la nature ? On essaie d’appréhender la teneur de ces tableaux selon notre vécu, notre histoire, nos références culturelles.






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