Le président Jovenel Moïse, depuis son élection à la tête du pays, rate pour la première fois cette année son rendez-vous à l’ONU. Contre son gré en quelque sorte. La conjoncture nationale lui serait un lourd fardeau sur la tribune des Nations unies. Sans gouvernement depuis huit mois, le chef de l’État souhaitait s’envoler pour Washington en quittant le pays avec un Premier ministre et un gouvernement. Raté. Au contraire, la situation a empiré.

Port-au-Prince vit sa deuxième semaine de capitale handicapée de ses activités. Le pays peine à se relever d’une sévère pénurie de carburant qui aura duré un mois. Les scandales éclaboussant son Premier ministre nommé Fritz William Michel, ajoutés à ceux d’un groupe de sénateurs soupçonnés d’avoir reçu chacun 100 000 dollars américains pour voter la politique générale de Fritz William au Sénat n’ont pas arrangé la situation. La tentative du président du Sénat d’organiser lundi la séance de ratification a mis de l’huile sur le feu. D’épaisses volutes de fumée noire provenant des barricades érigées un peu partout ornent presqu’à longueur de journée le ciel de Port-au-Prince bornée par des piles d’immondices à chaque artère.