En dépit du pourrissement de la crise politique, le président Jovenel Moïse semble ne pas avoir dit son dernier mot. Il a formé une commission de dialogue sur la crise. Les noms des commissaires à peine connus, des interrogations fusent de toutes parts sur leur capacité à accomplir la mission qui leur est confiée.
On reproche aux commissaires d'être tous proches ou membres du PHTK. Certains ont même une responsabilité directe dans la crise actuelle qui ne peut pas se résumer à une simple question de l’opposition exigeant le départ du président Jovenel Moïse. La paralysie des activités depuis tantôt trois semaines dans tout le pays, c’est surtout l’expression de l’effondrement de l’Etat haïtien. Ce qui est bizarre dans cette crise, c’est que tout l’appareil de l’Etat est en place mais les institutions s’écroulent comme un château de cartes.
Les manifestations géantes, parfois émaillées de violences qui se déroulent à travers le pays, traduisent le ras-le-bol de la population haïtienne vis-à-vis des autorités incapables de satisfaire ses revendications. Le président Jovenel Moïse, qui promettait monts et merveilles avant d’accéder au pouvoir, n’a pas réussi à renforcer l’Etat pour le mettre au service des citoyens. Fatiguée de vivre dans la crasse, une bonne partie du peuple, comme en 2004, exige un changement de système.





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