L’État haïtien peine à donner une réponse appropriée au phénomène du banditisme qui prend des proportions insoupçonnées à Port-au-Prince et dans les grandes villes du pays ces derniers temps. Si la prolifération des gangs armés dans les bidonvilles n’a pas pris naissance sous l'administration Moïse, cette dernière n’a cependant rien fait pour stopper l’hémorragie. Le climat de terreur à Martissant, au Bicentenaire, dure depuis tantôt deux ans. Les promesses des autorités haïtiennes de rétablir l’ordre dans la zone sont restées lettre morte. Au contraire, le problème s’est aggravé. D’autres quartiers de Port-au-Prince et de certaines villes de province se transforment en quartiers de non-droit.
À côté de l’inaction de l’administration Moïse/Lapin par rapport à la multiplication des gangs armés à travers le pays, la crise politique actuelle, notamment le dernier épisode de «peyi lòk», est une aubaine pour les bandits. Certains chefs de gang sont soupçonnés d’être à la solde du gouvernement ou de l’opposition dans le cadre de la bataille qui les oppose. La justice haïtienne qui devrait confirmer ou infirmer de telles accusations dépose malheureusement les armes face aux malfrats.





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